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Individualisme versus identitarisme, communautarisme (5) par http://www.c-e-r-f.org/


 

Pourquoi je ne suis pas musulman
Ibn Warraq

Ibn Warraq est le pseudonyme d'un écrivain américain, qui serait né en 1946 dans un pays musulman non arabe. Son livre le plus connu, traduit en français, est Pourquoi je ne suis pas musulman.
Chercheur et islamologue américain, Ibn Warraq serait né en Inde dans une famille musulmane. Il aurait grandi et aurait été éduqué au Pakistan. Son nom est un pseudonyme, qui signifie " fils du feuillet " en arabe, en référence à la qualité d'écrivain. Il défend un humanisme laïc universaliste.

Il se présente comme un critique de toutes les religions, mais en particulier de l'islam, qui, d'après lui, pervertissent et étouffent la raison, et sont, de plus, toujours exposées au danger de permettre au pouvoir politique, de les utiliser à son profit. Le pouvoir politique, quel qu'en soit la nature et la forme, s'il s'empare de la religion à laquelle croient les membres d'une société ou d'une communauté et utilise celle-ci à des fins de gouvernement des hommes, acquiert ainsi une emprise démesurée sur leur esprit. Ce faisant le pouvoir politique, lorsqu'il prend appui sur les croyances les plus profondes et les plus précieuses aux hommes, peut atteindre à une dimension et une puissance extraordinaires.
Cette possibilité, avérée dans les faits, est dénoncée par Ibn Warraq comme constituant un danger pour l'esprit et pour la liberté. Les principes de liberté, de libre jugement, et de la raison induisent que la force de la croyance religieuse ne puisse être politiquement reprise et exploitée par le pouvoir sans aliéner les individus et interdire une société libre et un État de droit.
Son livre Pourquoi je ne suis pas musulman se veut une étude historique et théologique, comprenant l'étude des incidences politiques de l'islam et des civilisations musulmanes. Ibn Warraq soutient une critique, d'un point de vue qui privilégie la raison sur la croyance religieuse, et qui est très sévère à l'égard de l'islam. Selon son étude, ce qu'il considère comme un problème n'est pas seulement l'intégrisme d'une certaine forme de l'islam, mais l'islam lui-même. Taslima Nasreen présente ainsi l'ouvrage de Ibn Warraq : « L'idée maîtresse contenue dans l'argumentation d'Ibn Warraq est énoncée avec force: le problème n'est pas simplement l'intégrisme musulman, mais l'islam lui-même. »
Par ailleurs, l'islam liant la politique et la religion de manière intrinsèque, Warraq estime que cela le place devant la difficulté de se réformer et se transformer. (Voir l'article Droit musulman).
Ibn Warraq écrit : « Le plus nocif des legs de Muhammad est peut-être d'avoir soutenu que le Coran est la parole même de Dieu, vraie à jamais, faisant ainsi obstacle à tout progrès intellectuel et oblitérant tout espoir de liberté de pensée qui seuls permettraient à l'islam d'entrer dans le XXIe siècle. »
Le jihad, comme Warraq le présente, serait prôné par la loi islamique. Warraq explique qu'il n'existe pas de tolérance islamique : « l'islam a conquis par l'épée, et ce faisant il a détruit la chrétienté en Orient et la culture persane séculaire, pillant et brûlant les églises et les temples ; il a dévasté l'Inde et a littéralement mis à sac des milliers de temples hindous. »
Warraq analyse la situation des femmes dans le monde islamique, et affirme que c'est une conséquence logique des principes musulmans, qu'il estime misogynes, dans le Coran, les Hadiths, et la Charia. » [1]

Droits de l'homme et théologie musulmane

Ibn Warraq défend les droits de l'homme et la laïcité, d'un point de vue politique occidental moderne, à partir duquel il étudie l'islam, pour en donner une critique aux aspects aussi bien théologique que politique.
A propos des Droits de l'Homme, il rappelle la non-reconnaissance des grands principes de ceux-ci par de nombreux gouvernements de pays islamiques, à commencer par l'interdiction légale de quitter l'islam. L'apostasie est proscrite et punie de mort par la charia.
Il dit dans son livre Pourquoi je ne suis pas musulman : « Les militants islamistes n'ignorent pas que l'islam est incompatible avec les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Ils se sont réunis à Paris en 1981 pour rédiger une Déclaration Islamique des Droits de l'Homme qui occulte toutes les libertés qui contredisent la loi islamique. Plus préoccupant encore est le fait que sous la pression des États musulmans, l'article 18 de la Déclaration des Nations unies a été révisé en novembre 1981. La liberté de religion et le droit de changer de religion ont été supprimés et seul le droit d'avoir une religion fut conservé. » [2]
Ibn Warraq doute donc des capacités internes de l'islam à adopter des principes théologiques qui pourraient davantage convenir à une certaine notion de modernité.
« Même si nous concédons que les musulmans conservateurs ont interprété la charia à leur façon, qu'est-ce qui nous donne le droit de dire que leur interprétation est fausse et que celle des musulmans libéraux est authentique ? Qui peut dire ce qu'est l'islam authentique ? Pour beaucoup de spécialistes, la charia demeure l'essence de la civilisation islamique. En fin de compte, on peut interpréter la charia avec une certaine souplesse, mais elle n'est pas pour autant indéfiniment élastique. » (in
Pourquoi je ne suis pas musulman)
Le pouvoir des chefs religieux de l'Iran est aussi dénoncé par Ibn Warraq.
« Il est difficile pour l'Occident d'imaginer le pouvoir qu'exercent les mollahs sur les masses, les poussant à perpétrer les actes les plus vils, au nom de Dieu. Un groupe de musulmans hystériques, manipulés par un mollah, a lapidé un enfant abandonné, au motif qu'il était probablement le fruit d'une union illégitime et donc qu'il ne pouvait pas être toléré. Une autre foule a coupé la main d'un homme parce que le mollah qui la menait avait prétendu que cet homme était un voleur, sans preuve, sans procès, juste sur la parole du mollah. »
(Ib.)

Une critique politique

Sa critique de l'islam est essentiellement politique. En historien il affirme que la civilisation musulmane a enseigné et permis la conquête nombreux pays. Ce faisant il met en perspective la position supposée anti-impérialiste de nombreux pays arabes et musulmans. Il pense que l'islam est une religion guerrière ; il voit au cœur de l'islam même un motif de conflictualité dans ses rapports à l'autre.
« Alors qu'on culpabilise tous les Européens avec le colonialisme et l'impérialisme occidentaux [...], l'impérialisme arabe est au contraire présenté comme un objet de fierté pour les musulmans. [...] Personne ne s'avise de faire remarquer que l'islam a colonisé des territoires qui appartenaient à des civilisations anciennes, et que ce faisant, il a écrasé et réduit à néant de nombreuses cultures. »
(Ib.)
« L'essor du fascisme et du racisme en Occident est la preuve que tout le monde n'est pas amoureux de la démocratie. Par conséquent, la bataille finale ne sera pas nécessairement entre l'islam et l'Occident mais entre ceux qui attachent du prix à la liberté et ceux qui n'en attachent aucun. »
(Ib.)

[1] http://www.c-e-r-f.org/fao-252bis.htm
[2] La révision à laquelle Ibn Warraq fait allusion est celle du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l'article 18 ne prévoit pas la liberté de changer de religion contrairement à la Déclaration universelle des droits de l'homme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Warraq

 

 

Cercle d'Étude de Réformes Féministes
Face aux obscurantismes (l'islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté
Ibn Warraq
Pourquoi je ne suis pas musulman [1]

Ibn Warraq se présente lui-même ainsi :
« Je suis né dans une famille musulmane et j'ai grandi dans un pays qui est aujourd'hui fier d'être une république islamique ... Avant même de pouvoir lire ou écrire ma langue maternelle, j'avais appris le Coran par coeur, en arabe, sans en comprendre un traître mot; ainsi en est-il pour des centaines de millions d'enfants musulmans. Dès que j'ai été capable de raisonner par moi-même, j'ai rejeté tous les dogmes religieux que l'on m'avait fait ingurgiter. Je me considère aujourd'hui comme un humaniste laïc, qui croit que toutes les religions sont des rêves d'hommes débiles, de toute évidence fausses et pernicieuses. »
Taslima Nasreen présente ainsi l'ouvrage de Ibn Warraq :
« L'idée maîtresse contenue dans l'argumentation d'Ibn Warraq est énoncée avec force: le problème n'est pas simplement l'intégrisme musulman, mais l'islam lui-même. (...) »
Ibn Warraq démontre de façon convaincante que les atrocités commises en Algérie ou en Afghanistan ou encore au Soudan, par exemple, sont la conséquence logique des principes gravés dans le Coran, les Hadiths, la Sunna et la Charia. Autrement dit, ce que l'ayatollah Khomeiny a mis en pratique en Iran c'est l'islam, l'islam véridique, et non pas quelque aberration. (...)
Le jihad, comme Warraq le démontre, est clairement prôné par la loi islamique, et le Coran foisonne de passages qui exhortent le croyant à tuer l'incroyant ou le non-musulman. Warraq fait également éclater le mythe de la tolérance islamique : l'islam a conquis par l'épée, et ce faisant il a détruit la chrétienté en Orient et la culture persane séculaire, pillant et brûlant les églises et les temples; il a dévasté l'Inde et a littéralement mis à sac des milliers de temples hindous.
La situation déplorable des femmes dans le monde islamique est aussi analysée par Warraq comme une conséquence, une conséquence logique des principes misogynes qui sont parsemés dans tout le Coran, les Hadiths et la charia. (...)
Warraq insiste sur la nature totalitaire de l'islam, montrant en quoi il est incompatible avec le respect des Droits de l'Homme. Ce ne sont pas seulement les femmes qui sont inférieures selon la loi islamique, mais aussi les non-musulmans vivant dans des pays islamiques. De même que nul n'a le droit de changer de religion : un apostat doit être tué.
Warraq aborde également les récentes découvertes sur les origines de l'islam, découvertes qui jettent de lourdes suspicions sur l'authenticité des sources islamiques (...) Le Coran est également considéré comme un document extrêmement humain, grouillant d'erreurs grammaticales et historiques, dont il n'existe non pas une, mais des milliers de versions."
Son préfacier, le général Salan, note, en bon connaisseur des rapports de force physique :
« 
Battre sa femme est autorisé (...). Aujourd'hui, des théoriciens islamiques justifient encore cette subordination par des considérations absurdes, alors que la médecine moderne n'a constaté qu'une différence entre l'homme et la femme: la force physique. »
« Il existe des Musulmans modérés, l'Islam n'est pas une religion modérée »
Le livre de Ibn Warraq est une sorte d'encyclopédie critique de l'islam. Entre autres, Ibn Warraq analyse et critique les textes de nombreux islamologues.
Ibn Warraq dénonce l'« impérialisme arabe et le colonialisme islamique » :
« Alors qu'on culpabilise tous les Européens avec le colonialisme et l'impérialisme occidentaux (...), l'impérialisme arabe est au contraire présenté comme un objet de fierté pour les musulmans. (...) Personne ne s'avise de faire remarquer que l'islam a colonisé des territoires qui appartenaient à des civilisations anciennes, et que ce faisant, il a écrasé et réduit à néant de nombreuses cultures. »
En prenant l'exemple de l'Inde, il parle même des apports du colonialisme européen, et il espère que « l'histoire rendra justice à l'impérialisme européen ».
Pour expliquer le rapport entre cet impérialisme et l'islam; il résume la thèse terrible de Schumpeter :
« D'après Schumpeter, les Arabes ont toujours été un peuple de guerriers qui vivaient du pillage et de l'exploitation des populations sédentaires. L'islam était une machine de guerre qui ne pouvait être arrêtée une fois qu'elle était lancée. Faire la guerre était une activité tout à fait ordinaire dans cette théocratie militaire. Les Arabes ne cherchaient même pas de raison pour mener leurs guerres. Leur organisation sociale réclamait la guerre et sans victoire elle se serait effondrée. Ici nous voyons un expansionnisme dépourvu d'objectif concret, brutal et né d'une nécessité de son passé. Les conquêtes arabes auraient existé sans l'islam. Certaines particularités de l'impérialisme arabe peuvent être expliquées par les paroles du Prophète, mais leur force demeure ailleurs. Muhammad n'aurait pas gagné s'il avait prêché l'humilité et la soumission. Pour ses soldats, vraie religion signifiait victoire, et fausse religion signifiait défaite. Par conséquent la religion n'était pas la raison des conquêtes; elle était la manifestation d'un instinct guerrier. »
Il explique la " djihad " :
« La nature totalitaire de l'islam n'est nulle part plus apparente que dans le concept de Jihad, la guerre sainte, dont le but final est de conquérir le monde entier et de le soumettre à la seule vraie religion, à la loi d'Allah. (...). Les musulmans ont le devoir de se battre et de tuer au nom d'Allah. »
Ibn Warraq donne une citation très étonnante d'Averroès, juriste, médecin et philosophe, ayant vécu de 1126 à 1198 en Espagne :
« D'après lui [Averroès], la pauvreté et la détresse du monde proviennent du fait que les femmes sont maintenues « comme des animaux domestiques ou des plantes vertes pour le seul plaisir (des hommes) (...) au lieu d'être autorisées à prendre part à la production des richesses matérielles et intellectuelles ou à leur préservation ».
Commentaire :
900 ans après Averroès, la situation est toujours la même et les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Un rapport d'experts des pays arabes de 2002 parvenait au même diagnostic. (" Des experts arabes, sur commande de l'ONU, remettent un rapport absolument dévastateur sur l'état du monde arabe", article de www.proche-orient.info ).
Des économistes s'interrogent sur le fait de savoir si l'islam est incompatible avec le développement, certains trouvent pertinent de comparer le développement de pays musulmans avec le développement de pays voisins, pour en conclure que l'islam ne serait ni plus ni moins favorable qu'une autre religion au développement.
En réalité, c'est la condition des femmes qui permet ou pas le développement. Les pays qui maltraitent autant ou presque les femmes que les pays musulmans, ont le même problème de développement. René Dumont avait également cité ce facteur en Afrique. C'est la situation des femmes dans l'islam qui fait de cette religion un facteur contraire au développement.
Ibn Warraq parle du pouvoir des mollahs sur les foules :
« Il est difficile pour l'Occident
d'imaginer le pouvoir qu'exercent les mollahs sur les masses, les poussant à perpétrer les actes les plus vils, au nom de Dieu. Un groupe de musulmans hystériques, manipulés par un mollah, a lapidé un enfant abandonné, au motif qu'il était probablement le fruit d'une union illégitime et donc qu'il ne pouvait pas être toléré. Une autre foule a coupé la main d'un homme parce que le mollah qui la menait avait prétendu que cet homme était un voleur, sans preuve, sans procès, juste sur la parole du mollah. »
Citons à ce propos les évènements les plus récents en Afghanistan :
« 
La question, posée dans un article de l'hebdomadaire Aftab, paraissait anodine : « Si l'islam est la dernière religion révélée, la plus aboutie, pourquoi les pays musulmans sont-ils à la traîne du monde moderne ? » Une remarque jugée blasphématoire par certains milieux de Kaboul puisqu'elle remettait en cause la valeur du Coran. « La démocratie nécessite des sacrifices », répond sereinement le « blasphémateur », Sayyed Mahdawi, libéré après une semaine de prison. En attendant, Sayyed Mahdawi se sait en danger. Il est presque étonné de ne pas encore avoir été tué alors qu'il a refusé la protection offerte par le ministère de l'Intérieur. Dans l'entourage du Président, on assure que le mettre en prison était le meilleur moyen de le protéger. La presse s'est déchaînée contre lui, des manifestations ont été organisées et on a pu craindre l'embrasement. » Libération, 29 juillet 2003.
Sur l'évolution possible de l'islam Ibn Warraq affirme :
« Même si nous concédons que les musulmans conservateurs ont interprété la charia à leur façon, qu'est-ce qui nous donne le droit de dire que leur interprétation est fausse et que celle des musulmans libéraux est authentique? Qui peut dire ce qu'est l'islam authentique? Pour beaucoup de spécialistes, la charia demeure l'essence de la civilisation islamique. En fin de compte, on peut interpréter la charia avec une certaine souplesse, mais elle n'est pas pour autant indéfiniment élastique. »
« La vérité, c'est que l'islam ne parviendra jamais à la démocratie ni au respect des droits de l'homme aussi longtemps qu'il s'en tiendra à la charia et qu'il n'y aura pas de séparation de l'Église et de l'Etat. Mais, comme Muir le fait si justement remarquer : « Une religion réformée qui remettrait en question l'autorité divine sur laquelle elles (les institutions de l'islam) reposent ou qui essayerait, par des choix rationnels ou des compromissions, de mener à bien un changement, ne serait plus l'islam. » »
Sa conclusion est :
« L'occident ne doit pas jouer avec la démocratie et doit renoncer à des politiques qui compromettent ses principes pour des gains à court terme aussi bien chez lui qu'à l'étranger.
L'essor du fascisme et du racisme en Occident est la preuve que tout le monde n'est pas amoureux de la démocratie. Par conséquent, la bataille finale ne sera pas nécessairement entre l'islam et l'Occident mais entre ceux qui attachent du prix à la liberté et ceux qui n'en attachent aucun. »

[1] Éditions L'Âge d'Homme (1999)

http://www.c-e-r-f.org/fao-252bis.htm

 

 

Religion

La nature veut qu'on jouisse de la vie le plus possible et qu'on meure sans y penser. Le christianisme a retourné cela.
Charles Sainte Beuve [né en 1804]

L'idée de Dieu et les religions sont source et maintien de l'ignorance, de l'abrutissement, par conséquent de l'esclavage et de la misère.
Auguste Blanqui [né en 1805]


La religion est le plus grand obstacle dont les hommes de progrès doivent tout d'abord débarrasser la route.
Émile Zola [né en 1840]


Vénération : L'attitude spirituelle d'un homme envers un dieu, et d'un chien envers un homme.
Ambrose Bierce [né en 1842]


Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages,et ce sera la lumière de demain.
Émile Chartier, dit Alain [né en 1868], Propos sur le Bonheur


La religion aujourd'hui, a beau jeu de se targuer d'avoir aidé aux progrès de l'esprit. Comme les patrons qui se targent des conventions collectives qu'il fallu leur arracher en un long, en un sanglant combat
François Cavanna [né en 1923]

http://www.fortunes-fr.org/data/religion

 

 

Citations : Lettre ouverte aux culs-bénits (1994)

François Cavanna   (né en 1923)


"Une religion dite "universelle" n'est qu'une secte qui a réussi commercialement parlant."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


"Une religion établie n'est qu'une magie devenue "respectable"."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


"C'est bien connu: dans les périodes d'inquiétude générale, l'animal humain perd les pédales, rejette - plus encore qu'à l'accoutumée - les arguments de sa raison et plonge à corps perdu dans les tentations de l'irrationnel rassurant et exaltant. La crédulité s'engraisse sur le désarroi comme la mouche verte sur la charogne."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


"L'athée qui irait proclamant que l'inexistence de Dieu est démontrée serait en contradiction avec lui-même : il ferait acte de foi, cette foi fût-elle négative. En effet, ayant admis que la question même de l'existence d'un Dieu se situe hors du domaine des questions "permises" et n'a donc pas à être posée puisqu'on ne pourrait y répondre, dans un sens ou dans l'autre, que par des affirmations indémontrables, il la pose quand même et y répond péremptoirement.
"Non"  est tout aussi téméraire que "Oui". L'athée cohérent se garde bien d'accepter la discussion sur ce terrain. Une fois pour toutes, il ignore Dieu et le problème de son existence, il se conduit en tout sans tenir compte de ces chimères."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


"Ce qu'on a appelé "liberté de conscience", au long de l'Histoire, c'est la liberté, pour les insatisfaits du culte officiel massivement majoritaire dans un certain pays, de pratiquer une religion différente, généralement simple version légèrement déviante du culte officiel, à proprement parler : une hérésie.
Il n'a jamais été question de liberté de conscience pour les non-croyants. Quand le protestantisme version Calvin se fut imposé à Genève comme religion dominante, le simple soupçon d'athéisme vous conduisait au bûcher plus sûrement que la persistance dans la religion catholique, devenue à son tour "hérésie".
Aujourd'hui encore, surtout hors de France, ne pas croire en une version quelconque de Dieu est proprement impensable. L'athée est regardé avec une certaine répugnance, comme une espèce de monstruosité, d'ébauche humaine inachevée à qui il manque une faculté essentielle."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


"Si vraiment ce monde où nous sommes a été créé, créé par quelqu'un qu'il est convenu d'appeler Dieu, alors tout se passe comme si ce personnage doué du pouvoir de créer (par définition) était un arriéré mental incohérent et brouillon, un impulsif à tendances sadiques, un caractériel infantile...
En somme, un enfant dieu débile et dangereux qu'on aurait isolé dans un coin lointain d'univers pour qu'il fiche la paix au monde en faisant joujou sur son tas de sable à arracher les pattes des mouches. Les mouches, c'est nous."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Toutes les religions ont une explication de la "création" du monde, tous les livres sacrés commencent par là. Pas une seule religion n'a soupçonné quelle est la véritable forme de la Terre, la nature du ciel et des étoiles, les lois de la gravitation, les rapports entre la Terre, la Lune, le Soleil et les planètes, la constitution du corps humain, le rôle des micro-organismes dans les maladies, etc. Tous les livres saints, dès qu'ils se mêlent d'expliquer ce monde créé par le dieu qu'ils exaltent, déconnent à perdre haleine.
[…]
Tout se passe comme si les livres "sacrés", fondements intouchables de la foi, étaient les œuvres d'ignorants fumeux et prétentieux, d'illuminés en état d'excitation, de monomaniaques en proie à une idée fixe et n'en sachant pas plus sur la nature des choses que ce qu'en savaient les bonnes gens de leur époque."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Au commencement était le Verbe, dit le supposé Évangile du supposé Jean. Le Verbe, c'est à dire la parole, mais vous aviez compris. C'est-à-dire aussi le baratin, pour le cas où vous n'auriez compris que jusqu'à un certain point.
Quel aveu!"
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Dites voir, s'ils l'avaient empalé, leur Jésus-Christ, où les porteraient-ils, les stigmates, les élus de Dieu ?"
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Cette histoire d'âme, entité invisible, invérifiable et tellement flatteuse pour celui à qui l'on en concède une, est une invention formidable. Elle n'est pas la seule, toute religion est bâtie sur un système d'affirmations du même genre, impossible à démontrer et donc irréfutables, tout à la fois consolatrice et terrifiantes, mais, là, on est obligé d'admirer. Affirmer à une espèce animale, en l'occurrence la nôtre, qu'elle n'est qu'en apparence semblable aux autres par son aspect et la matière dont elle est faite, mais qu'elle possède, elle, une chose essentielle et sublime, immortelle de surcroît (vas y voir !), que les autres créatures de chair et de sang n'ont pas, que cette entité invisible est son véritable "moi" qui survivra à tout, le reste n'étant que vase provisoire, vile dépouille vouée à la putréfaction, et que cette "étincelle divine" la rend non seulement supérieure à toute espèce vivante, mais surtout différente en essence car procédant de la nature même de Dieu, ce qui lui donne droit de vie et de mort sur tout ce qui vit, quelle trouvaille ! C'est là le bon vieux coup de la race élue…"
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"La grande trouvaille des inventeurs du christianisme : "Dieu est amour !"
Et alors ? Qu'est-ce que ça change ?
Tu peux toujours prêcher aux hommes un dieu d'amour, ils se serviront de lui pour sanctifier leurs crapuleries et leurs crimes "pour la bonne cause" ainsi que les massacres de masse, curés bénisseurs en tête.
Dieu, on lui fait dire ce qu'on veut. C'est d'ailleurs à ça que ça sert."
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)

"Conseils pour la route :
Pars de zéro.
Mets tout à plat.
Rejette toute tradition.
Méprise tout rituel
Ne respecte aucun tabou.
Tiens tout symbole pour ce qu'il est : du vent
Pisse sur le sacré.
N'écoute aucune parole "révélée".
Fuis ceux qui ont la vérité par la foi.
Crache à la gueule des charlatans du "merveilleux".
Ris de tout, pleure de tout, mais selon ton humeur.
Éduque ta raison, tu n'as rien d'autre.
N'admets pour provisoirement acceptable que ce que ta raison estime dûment démontré.
Laisse de côté les questions sans réponse.
Fuis la métaphysique.
Ne te conduis pas en fonction d'une morale transcendante.
Mais que ta morale soit faite des règles nécessaires à la vie de chacun dans une société harmonieuse et fraternelle.
... Sauf, bien sûr, si les hommes noirs prennent le pouvoir et rallument les bûchers. Dans ce cas, mon fils, fais semblant !"
(François Cavanna / né en 1923 / Lettre ouverte aux culs-bénits / 1994)


http://atheisme.free.fr/Biographies/Cavanna_lettre_ouverte.htm

 

 

Charlie Hebdo

[…]

En novembre 2002, le chroniqueur philosophe Robert Misrahi publie une tribune sur l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'orgueil intitulée « Courage intellectuel » dans laquelle il fait un éloge de l'ouvrage.
Il écrit notamment : « Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. […] Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin. […] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’Islam qui part en croisade contre l'Occident et non pas l'inverse. »
Cet article crée une polémique auprès de plusieurs associations qui estiment que l'ouvrage contient des propos racistes et le soutien de Misrahi à l'auteur italienne est vivement critiqué dans des publications comme Acrimed.
La semaine suivant la publication de l'article, plusieurs lettres de lecteurs choqués sont publiées dans Charlie Hebdo et une réponse de l'hebdomadaire à ces courriers désavoue le chroniqueur.
Après les attentats du 11 septembre 2001, Charlie Hebdo se distingue, en se désolidarisant des courants d'extrême gauche, qui, par anti-américanisme vont passer des alliances. Ces positions lui vaudront des relations conflictuelles avec cette gauche tiers-mondiste, lorsqu'il dénonce, en particulier la présence de Tariq Ramadan au FSE en 2003. Cf. son éditorial dans Charlie Hebdo du 15 novembre 2003 ; il dénonce une « rhétorique immuablement semblable à celle qui innerva l’Europe d’avant-guerre » et qui, « a de quoi alarmer tous ceux qui savent comment meurent la paix et la démocratie » . Il affirme que Tariq Ramadan « est un propagandiste antisémite ».
Philippe Val, dans cet éditorial, critique une partie de la gauche à qui il prête des positions antisémites au nom de l'antiracisme, se référant en particulier à la conférence de Durban en 2001 durant laquelle le sionisme fut assimilé à une politique raciste.

[…]

Affaire des caricatures de Mahomet

Tandis que le tirage régulier est de 140 000 exemplaires, le 8 février 2006 160 000 sont publiés et tous vendus. Le journal procède alors à deux réimpressions et 400 000 exemplaires s'écoulent [1].
Cette semaine-là, Charlie Hebdo publie la série de caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten. La semaine précédente, les dessins scandinaves avaient déclenché des protestations dans des pays musulmans après que des imams danois avaient fait campagne contre elles dans le monde musulman. Certains voient dans cette démarche, une tentative d'augmenter l'auto-censure pratiquée par des pays européens à propos de l'Islam.
Des organisations musulmanes françaises comme le Conseil français du culte musulman, ont demandé l'interdiction du numéro, qui contient également des caricatures de Mahomet dessinées par les collaborateurs réguliers du journal. Cette demande n'a pas abouti à cause d'un vice de procédure. Le président de la République, Jacques Chirac condamnera par la suite ces « provocations manifestes ».
L'affaire des caricatures amène la publication du Manifeste des douze le 1
er mars 2006.

Le 15 mars 2006, le ministère de la Culture organise une soirée en l'honneur du dessin de presse pour saluer les dessinateurs et caricaturistes après l'affaire en question. Plantu, Cabu, Wolinski et les plus jeunes Sattouf, Jul, Charb et Luz, tous les dessinateurs de Charlie sont particulièrement salués. Un hommage fut adressé aux caricaturistes, occasion, un mois après la polémique suscitée par la publication des caricatures de Mahomet, d'entendre le directeur de cabinet du ministre, Henri Paul, réaffirmer leur statut d'« acteurs de la liberté », et d'apprendre la création d'une « mission pour la conservation et la valorisation du dessin de presse », parrainée par Wolinski. L'association des amis d'Honoré Daumier, avait inspiré l'événement. (Cf. Le Point du 23/03/2006)
Libération publie des réflexions de plusieurs dessinateurs du journal, en réaction à cette affaire :

Charb :
« J'ai vu les dessins, c'est énormément de bruit pour pas grand-chose. En France, je parle pour Charlie, on a publié des représentations du prophète qui étaient beaucoup plus choquantes que ce qui a été publié au Danemark. Une fois, une association musulmane très minoritaire et plutôt discrète a intenté un procès à Charlie parce qu'un dessin avait mis en scène le prophète. Ils sont allés en justice, ils ont perdu. À Charlie, avant qu'on soit embêtés par les musulmans intégristes, on a eu affaire à l'extrême droite catholique. Ça s'est terminé normalement devant les tribunaux, ils ont perdu et voilà. Ils attaquent pour tester en espérant gagner et que la législation change. Les juifs, on doit constater qu'ils ne nous font pas chier. Dans Charlie, on traite surtout de l'Église catholique parce qu'elle est encore très majoritaire ».

Luz :
« En tant qu'athée, il est évident puisque l'on est dans un pays catholique que l'on va s'attaquer plutôt aux catholiques qu'aux musulmans, et plutôt au clergé, qui est le vrai représentant de cette aliénation, qu'à Dieu. Après, tout dépend du média qui porte le message. Quand c'est Charlie Hebdo, la critique ne porte pas sur les musulmans mais sur l'aliénation dans la foi ».

Jul :
« C'est beaucoup plus facile de faire des dessins violents sur les chrétiens que sur les autres religions. Sans doute parce qu'on est dans un pays catholique. On ne peut pas taper sur une religion minoritaire comme on tape sur une religion majoritaire. Si l'hystérie provoquée par ces dessins est aussi forte, c'est aussi parce qu'il y a un racisme antiarabe et antimusulman en Europe. Mais je trouve totalement anormal que cette affaire ne se soit pas simplement réglée devant les tribunaux ».[2]

D'autres intellectuels comme le philosophe Michel Smadja dans le même journal, qui loue le travail de Charlie Hebdo, écrit à ce propos : « comment se fait-il que Charlie Hebdo et ses collaborateurs (dont Caroline Fourest) semblent un vivier d'intelligence du monde et d'honnêteté bien plus crédible que certaines unités du CNRS ? Peut-être parce que, dans la rédaction de ce journal satirique, on a conservé l'idée qu'être de gauche n'est pas une simple posture sociale, mais plutôt, avant toute prise de position, l'exigence de la lucidité ». [5]

Charlie Hebdo a été poursuivi par la Mosquée de Paris, l'UOIF et la ligue islamique mondiale pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten ainsi que la une dessinée par Cabu représentant « Mahomet débordé par les intégristes » déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons » (Le Monde du 08/02/07). Le procès de Charlie Hebdo s’est ouvert au Tribunal de grande instance de Paris du 7 au 8 février. Le procureur de la République a réclamé la relaxe confirmée par le verdict du 22 mars. Joann Sfar a publié un compte-rendu du procès dans un de ses carnets. Le CFCM se déclara néanmoins pour sa part satisfait des attendus du jugement.

[…]

Certains reprochent au chansonnier devenu patron de presse Philippe Val d'être trop autoritaire, de gérer le journal avec une politique trop capitaliste et, entre autres choses, de s'être séparé des journalistes qui ne lui plaisaient pas et d'avoir soutenu l'intervention militaire au Kosovo en 1999.
[…] Philippe Val est en effet plus proche de la gauche parlementaire que de l'extrême-gauche. […] On lui reproche également sa stigmatisation fréquente de l'altermondialisme.
Certains anciens collaborateurs de Charlie Hebdo comme Olivier Cyran ont participé et participent encore au journal CQFD. Libération a décrit CQFD comme le journal des déçus de Charlie Hebdo, qui a démenti.
[…]
Philippe Val est particulièrement virulent envers Internet et refuse que Charlie Hebdo s'en serve pour communiquer, par le biais d'un site web par exemple. Il a fait fermer le site d'un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo. […]
Lors du référendum sur l'Europe en mai 2005, Philippe Val a appelé à voter oui à travers ses éditoriaux. Siné, Cavanna et Charb, dans leurs colonnes, ont pris position pour le non.

[…]

[1] http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=medias/20060208.OBS5607.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/
[2] http://www.liberation.fr/
[5]
LeMonde.fr : Du bon usage du pamphlet

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie-Hebdo

 

 

Coordination de l’Appel de Strasbourg pour une paix juste au Proche-Orient

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D’un ami fidèle

Lettre ouverte à Charlie Hebdo et " adresse " à Cavanna

dimanche 12 février 2006

Franz à Charlie Hebdo

Messieurs

Permettez-moi de vous faire savoir que vos considérations sur l’Islam et votre éloge dithyrambique de la laïcité, de la liberté à la française qui n’a rien d’équivalent sur la planète, liberté menacée par l’islamisation de la France sont de bien vieilles lunes hérités de notre glorieux passé colonial et républicain. Plus précisément, elles mettent bien en valeur la schizophrénie paranoïaque dominante concernant l’Islam présenté comme étant enfermé dans ses archaïsmes terroristes, dans son refus de la modernité.
Cette idée basique incrustée, depuis cent ans, dans notre République laïque et colonialiste, parfois s’estompe mais resurgit, tout particulièrement depuis quelques années, dès le moindre incident, de crime de lèse majesté faite à nos Valeurs Républicaines
Pour avoir vu sur ARTE « L’empire aux trois couleurs », j’ai été rappelé au souvenir de cette « réalité » qui permettait à nos illustres et respectables humanistes républicains et laïques tels que, pour ne citer que les plus éminents : Jules Ferry et Jean Jaurès, comme bien d’autres, d’exalter la Mission civilisatrice de la France dans le monde de l’inculture et la barbarie musulmane.
Pour ce qui me concerne, athée militant, je pense que dans les trois monothéismes, il n’y en a pas un pour sauver l’autre, mais pour l’heure, contrairement à vos affirmations péremptoires, judaïsme et christianisme tiennent avec leurs guerres au NOM DE NOS VALEURS DE CIVILISATION le pompon, si on prend en considération le nombre de morts et tonnes de gravats à porter à leur crédit, ne serait ce que pour ces quinze dernières années
Quant aux « terroristes musulmans » que vous vilipendez, au point vous souhaiteriez qu’ils soient « dévoués par anathème », ils ne mènent, à côte des grands travaux de dératisation menées par les USA en Irak et Israël dans les territoires occupés que des actions criminelles bien ponctuelles, que j’ai la faiblesse d’appeler, tout particulièrement pour ce qui concerne les Palestiniens ACTES DE RESISTANCE d’un peuple contre l’OCCUPANT.
Pour ce qui concerne les caricatures incriminées, à priori elles ne me choquent point trop pour leur dimension religieuse iconoclaste, mais bien par cette idée ancrée dans nos mentalités : ISLAM=TERRORISME.
Au nom de cette « liberté à la caricature » c’est à dire au raccourci iconoclaste, dont vous prétendez être les hérauts, il n’y aurait rien à redire, si vous jugiez opportun de renvoyer de la même façon l’ascenseur à vos "amis" juifs ou chrétiens en traitant avec la même cinglante et dévastatrice ironie les crimes contre l’humanité, d’Israël ou des États-Unis, ce dont j’en doute.
Il me souvient de la façon dont vous avez réagi devant les sketchs d’un certain Dieudonné (Je vous avait d’ailleurs envoyé un courrier à ce propos) qui n’a fait que souligner d’une façon bien cruelle certains aspects du projet de colonisation sioniste et les vertus guerrières d’Israël bien exaltées dans la Bible, comme dans toutes les « productions » littéraires et théologiques des trois monothéismes.
Qu’en serait-il, si un caricaturiste se permettait de représenter Yahvé, le Dieu d’Israël, juché sur un hélicoptère ou un avion à réaction entrain de lancer des missiles sur les Palestiniens affolés, avec cette inscription biblique du genre « Dévouez vos ennemis par anathème » (cf Le Deutéronome) ou de présenter une caricature ou une photo des razzias sionistes avec ce slogan qu’on nous servait jusqu’en 1967 : « Une terre sans peuple, pour un peuple sans terre ».
Je viens d’apprendre que vous seriez prêts à publier les caricatures antisémites de certains caricaturistes musulmans, je vous comprends fort bien. Il est à parier que ce serait une manne céleste pour vous confirmer dans cette attestation de votre bonne foi affiché, par Cabu sur la première page : « Mahomet débordé par les intégristes », qui apparaît comme un clin d’œil subtil pour nous dire que, vous ne vous en prenez pas à l’Islam en tant que religion révélée mais aux intégristes qui osent résister aux DIKTATS, pardon aux INJONCTIONS de l’OCCIDENT.
De fait dans cette « affaire » il ne s’agit pas d’un problème de religion à strictement parler, mais bien d’un problème politique instrumentalisé, selon vous, par les islamistes. Donc, installés dans vos certitudes laïques, vous voulez affirmer haut et fort que la religion n’a pas à se mêler de la politique.
Mais là où justement ça cloche, c’est quand vous admettez que Israël a un droit à l’existence sur la terre de Palestine, avec en prime un DROIT AU RETOUR pour les Juifs conformément à leurs croyances, alors que vous déniez, au nom de ce droit à l’existence d’Israël comme Etat du peuple juif, le DROIT AU RETOUR des réfugiés palestiniens, droit pourtant inscrit dans la Résolution 194 de l’ONU. Et surtout quand vous soutenez, plus ou moins les Croisades menées au nom de nos VALEURS DE CIVILISATION, c’est ce qu’un certain Docteur Kouchner appelait joliment « Droit d’Ingérence humanitaire », c’est le comble de la laïcité, dans sa bonne tradition républicaine, humaniste judéo-chrétienne.

Adresse à Cavanna

Monsieur,

Dans le genre antisémitisme « islamophobe », vous déployez un talent de beauf franchouillard qui vaut son pesant d’or dur quand vous nous laissez entendre : « L’islam, lui, out en terre d’Occident. Et donc, où est l’islam, cette minorité d’excités est aussi. Il faut le dire, la peur règne....Nous incroyants, devons subir la loi des croyants -de certains croyants -parce qu’ils nous font peur. Rangez vos discours lénifiants. Vous avez la trouille. J’ai la trouille... Je ne me moquerai plus d’Allah ni de son prophète, parce que j’ai la touille »...
Je ne ferai pas d’explication de texte, tout le monde pourra lire votre appel angoissé : « Chasse Dieu à coup de pied, il revient enturbanné ! »
Monsieur, permettez-moi de vous faire remarquer, qu’avec avec vos escarpins ou sabots « d’homme révolté » à la façon d’Albert Camus, vous donnez à votre indignation, sans doute involontairement, une certaine couleur locale de propagande sioniste dont Philippe Val souvent se fait souvent l’ardent zélote, et que pour une heure si grave, vous avez, droit d’aînesse oblige, brillamment relayé.
Quand vous vous posez la question : « Pourquoi ce vacarme indigné, pourquoi ces menaces, et, surtout, pourquoi précisément maintenant ? Est- ce là une conséquence de la soudaine accession au pouvoir du Hamas palestinien ? Faut-il y voir un avant du climat de violence et d’insécurité qui, jusqu’ici a caractérisé l’action du Hamas ? C’est - à - dire créer un climat de guerre sainte, sur l’image d’un islam persécuté et méprisé partout en Occident ?
Bien sûr, Monsieur, la question vaut la peine d’être posé, mais je me permets de vous faire remarquer que le battage médiatique autour de ces caricatures a bien été organisé par France Soir et quelques autres, comme par hasard après la victoire du Hamas. Ce genre d’actions de propagande qui vise à nous plonger dans l’Effroi s’apparente, si je me réfère à la campagne sioniste menée avant le Blitzkrieg de juin 1967, aux thèmes , désormais bien rôdés de la PROPAGANDASTFFEL SIONISTE qui en donnant à une large publicité à ces caricatures qui disqualifient, non point tant l’Islam, mais la résistance du peuple de Palestine, savait bien que certains musulmans allaient foncer comme des taureaux,et confirmer ainsi nos « peurs » que vous êtes entrain de combattre avec votre plume acérée, pendant que Israël envoie ses divins missiles sur cette peste verte, avec votre bénédiction, et celle de vos « courageux » confrères.

Monsieur,

Pour votre information, je me permets de vous faire remarquer que le Hamas a eu en face de ces caricatures une attitude à la fois digne et chargée de toute l’ironie d’un Mouvement qui connaît ses adversaires, « ses oiseaux » qui se présentent comme des « colombes de la paix », alors qu’ils poursuivent leur entreprise de travaux public d’aménagement des territoires occupés et l’éradication des activistes, de cette « peste verte » qui sera, si Dieu le veut, le terreau de la Terre Sainte, en toute quiétude, avec votre aimable complicité.
Figurez-vous, cher Monsieur, le Hamas aguerri par ses années de luttes de Libération nationale ne mange pas du pain que vous voudriez qu’il mange pour justifier les crimes dont Israël s’honore en invoquant sa « sécurité »

Pour clore je vous citerai un poème de Mammoud Darwich

Le martyr m’éclaire : je n’ai pas cherché au-delà de l’étendue
Les vierges de l’immortalité car j’aime la vie
Sur terre, parmi les pins et les figuiers,
Mais je ne peux y accéder, aussi y ai-je visé
Avec l’ultime chose qui m’appartienne : le sang dans le corps de l’azur.
Le martyr m’avertit : Ne crois pas leurs youyous
Crois mon père quand il observe ma photo en pleurant
Comment as-tu échangé nos rôles, et m’as - tu précédé.
Moi d’abord, moi le premier !
Le martyr m’encercle : je n’ai changé que ma place et mes meuble frustes.
J’ai posé une gazelle sur mon lit,
Et un croissant lunaire sur mon doigt,
Pour apaiser ma peine.

http://eutopic.lautre.net/coordination/spip.php?article689

 

 

Études de cas  > Charlie Hebdo : la vieillesse est un naufrage

Lettre ouverte à Cavanna, fabricant de haine, À propos de la dérive sécuritaire de Charlie Hebdo

Par Olivier Cyran, Mars 2006

Article

Depuis le référendum sur la Constitution européenne, les émeutes de novembre 2005 et l’ « affaire des caricatures de Mahomet », nul ne peut plus ignorer les dérives réactionnaires, islamophobes et anti-arabes de Charlie Hebdo. La publication opportuniste desdites « caricatures », et surtout le refus obstiné de condamner deux d’entre elles dont le caractère raciste était pourtant évident, a suscité de nombreux commentaires [1]. L’épisode a aussi été l’occasion de rappeler les précédentes dérives de cet hebdomadaire réputé « satirique » et « progressiste » [2]. Le texte qui suit constitue une nouvelle pièce au « dossier Charlie Hebdo » : il évoque la lamentable conversion de François Cavanna, membre fondateur du journal, aux dogmes sécuritaires. Les faits remontent au début de l’année 2002 : dans un article publié le 9 janvier, l’écrivain salue avec satisfaction la mort de Moussa, 17 ans, abattu le 2 janvier 2002 sur le périphérique parisien d’une balle policière dans la tempe. Estimant que la jeune victime avait « pris des risques » (en acceptant de monter à bord d’une voiture volée) et que sa fin brutale était dans l’ordre des choses, Cavanna enchaîne en gesticulant furieusement contre les « voyous » des banlieues, ces « brutes à front bas » qui sèment la « terreur » sous « l’œil placide » [3] des policiers. C’est en réaction à cet article qu’Olivier Cyran, ancien collaborateur de Charlie Hebdo, a écrit le texte qui suit, « sans illusion quant à l’utilité d’une telle entreprise, mais avec le sentiment de me débarrasser d’un gros nœud dans la gorge ».

Cher Cavanna,

D’après toi, le « gars » qui est mort voici deux semaines d’une balle policière reçue en pleine tête n’a donc eu que ce qu’il méritait. « Il avait pris des risques », soulignes-tu à plusieurs reprises. Les fous furieux qui réclament le retour à la guillotine se bordent en général à concentrer leur ferveur homicide sur les tueurs d’enfants. Toi, tu proposes le tir à vue sur les voleurs de voitures. De la part d’un pacifiste irréductiblement opposé, croyais-je, à toute forme de chasse et de peine de mort, c’est une position originale, je dirais même, oui : courageuse. Lorsque « le con se surpasse », pour reprendre le titre d’un de tes livres, le courage est toujours d’une aide précieuse. Cependant, comme tu as bien conscience qu’un vol de voiture ne saurait raisonnablement passer pour un crime passible du peloton d’exécution, il te faut charger la barque et inventer de toutes pièces une « attaque, revolver au poing », là où il n’y avait qu’une médiocre équipée à bord d’une bagnole chourrée. Peut-être disposes-tu d’informations inédites, auquel cas la police serait heureuse de les entendre. Pour l’heure elle n’a pas trop de quoi être fière, même si le policier tireur, comme toujours dans ce genre d’affaires, a été aussitôt blanchi au prétexte de la « légitime défense ».
Au fond, tu as raison : que nous importe la réalité des faits ? Quand bien même le « gars » aurait commis un hold-up fracassant, j’estime qu’il ne méritait pas d’agoniser la tête dans le giron de son copain. Une mort par balle est toujours une mort dégueulasse, surtout lorsqu’elle a été administrée sans jugement par un officier de la police publique. C’est ce qu’on appelle une question de principes. Pour autant, le fait que tes principes à toi suivent désormais la pente en vogue de la schlague sécuritaire ne devrait pas t’interdire d’être un poil plus rigoureux, ou plus honnête. Il faut savoir de quoi on parle lorsqu’on décrète juste, naturelle et salutaire la mort violente d’un « gars ». Celui dont nous parlons a été abattu d’une balle dans la tempe, ce qui signifie que le coup de feu mortel venait de côté et non de face. Sans être Sherlock Holmes, j’aurais tendance à en déduire que la voiture était en train de dépasser le policier au moment où celui-ci vidait son chargeur à hauteur de tête (trois impacts de balles retrouvés), et qu’elle ne menaçait donc nullement sa vie. Au rayon des petits détails techniques,on ajoutera que pour stopper un véhicule, il existe d’autres méthodes que l’élimination physique de ses passagers. La herse cloutée posée à même la chaussée en fait traditionnellement partie, mais il y en a d’autres.
Venons-en maintenant à ce « gars » anonyme sur lequel tu bâtis ta brillante démonstration. Il avait 17 ans et s’appelait Moussa. Ils s’appellent tous Ali, proclamait le titre d’un film des années soixante-dix, mais bon, celui-ci s’appelait Moussa, il y a des exceptions partout. En octobre dernier, Moussa participait à un rassemblement devant le Palais de Justice de Versailles. C’était à l’occasion du procès en assises d’un policier, Pascal Hiblot, accusé d’avoir tué d’une balle dans la nuque un jeune habitant de Mantes-la-Jolie, Youssef Khaïf. Comme tu le sais peut-être - et si tu ne le sais pas, la nouvelle devrait te combler - l’agent tueur a été acquitté. Moussa faisait partie de ce ceux qui ont manifesté dignement - mais oui ! - contre ce déni de justice, cette prime à la bavure. On l’a vu avec d’autres « voyous » embrasser la mère de feu Youssef, au moment où elle sortait en titubant du Palais de Justice où l’on venait de bénir le meurtrier de son fils.
Car Moussa ne faisait pas que voler des voitures. Il militait, aussi, à sa manière. Ceux qui l’ont rencontré dans les manifs du MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues) disent de lui que c’était un gamin souriant, pas con du tout, tout à fait capable de gestes solidaires et d’actes désintéressés. Ah oui, c’est vrai, j’oubliais... « On n’a jamais vu, dis-tu, la banlieue se mobiliser pour défendre un quidam non issu d’elle-même. Ni protester contre les tripatouilllages politico-financiers, les marées noires, les monstruosités sociales... » C’est curieux, en effet, cette sale manie qu’on les gens de se bagarrer en premier lieu contre ce qui les frappe, les heurte ou les humilie dans leur vie quotidienne. Les grévistes de Mc Do, par exemple : au lieu de se ranger derrière une cause noble et universelle, ces petits cons s’emploient égoïstement à dénoncer leurs conditions de travail. Et les séropositifs d’Act Up, alors ? Que ne militent-ils pas contre les rhumatismes, plutôt que de s’attaquer bêtement au sida ! Toi-même Cavanna, dans les colonnes de ton journal, tu gémis régulièrement sur la durée de vie, scandaleusement trop courte à tes yeux, dont tes ouvrages pâtissent en librairie. C’est un sujet que tu traites plus volontiers et à meilleur escient que les banlieues, et c’est normal : à chacun de parler de ce qu’il connaît, il n’y a pas de mal à ça. Les « voyous » que tu fusilles par écrit ne se révoltent guère, c’est vrai, contre les envois au pilon de tes bouquins, et fort peu, c’est vrai aussi, contre le FMI ou TotalFina. La conscience politique propre à ceux dont l’univers se limite à leur hall d’immeubles est parfois d’une vacuité déprimante. Je doute cependant que tu contribues à leur édification morale en crachant « Bien fait ! » à la gueule de leurs copains morts pour rien.
Les pauvres sont souvent de mauvaise compagnie, ça ne date pa d’hier et c’est ce qui justifie un journal comme Charlie. On peut à bon droit traiter de petits cons les banlieusards à casquette qui déambulent dans Paris le samedi soir, à la r




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